La Joconde aux yeux fermés


L’as-tu vue ? La Joconde !

Tel est le titre que crie la presse au lendemain du vol de La Joconde le 21 août 1911. Un titre ironique puisque, avant cette date, le tableau n’intéressait que peu d’initiés. Mona Lisa kidnappée, le Louvre ne désemplit pas. Durant plusieurs semaines, les visiteurs du musée affluent pour voir de leurs propres yeux, le vide laissé par le tableau.
Près d’une centaine d’années après cet évènement, la Joconde reste le tableau le plus visité au monde et probablement le plus reproduit. Pourtant, malgré sa célébrité et la modernité des techniques de médiatisation, la question reste d’actualité : qui l’a vu (réellement et bien vu), la Joconde ?

C’est en s’appuyant sur cette interrogation qu’Albert Lobo construit son travail de réflexion et de copie du tableau pour créer la Joconde aux yeux fermés.

Ce site n’est pas une énième vitrine érigée à la gloire de Mona Lisa, n’espérez pas y trouver son historique ou une quelconque analyse picturale. Ce site relate simplement plusieurs entretiens avec Albert Lobo, au travers desquels l’artiste nous expose son point de vue sur la Joconde de Vinci, pourquoi ce tableau n’est pas celui que l’on croit et comment sa version nous permet de la voir sous son vrai visage.

Joconde-aux-yeux-fermés

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3 commentaires so far
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je n’ai jamais vu la Joconde. je la cherche toujours , les yeux fermés. je ne laisse pas tomber. Merci, Lobo, de me donner de l’espoir. Bravo!!

Commentaire par Mario Lima

C’est les yeux fermés qu’il pourrait la peindre, sa Mona Lisa, Albert Lobo.
Sauf qu’on n’est pas dupe. Faudrait pas nous la compter à nous, l’artiste. « Regard agaçant », « regard agaçant », mouais, on a très bien saisi dans le fond pourquoi le peintre a pudiquement baissé les paupières de sa dulcine. Allez, avoue, on ne t’en tiendra pas rigueur, dis-le que tu n’es juste pas fichu de le copier, son insondable regard.
Mais au fait, pourquoi les yeux fermés ? Serait-ce qu’elle s’est endormie d’un sommeil bien mérité à force de poser ? Attendrait-elle le bisou du prince charmant ? Ou se serait-elle mis le doigt dans l’œil comme le peintre l’a croquée les doigts dans le nez ? En avait-elle assez de voir se presser autour d’elle une foule sans fin d’admirateurs venus des quatre coins de la planète ? Etait-elle éblouie par les flashs des paparazzis ? A moins que l’artiste ne l’ait tuée ? Mais c’est bien sûr ! Comment ne l’avoir pas compris d’abord !
Celle à qui l’on pensait comme à une star de cinéma, ne voyant en elle qu’un personnage, oubliant jusqu’à sa véritable nature de peinture, celle qui, à force d’être reproduite et placardée, était déjà comme morte pour nous, celle qui incarne le mieux le destin tragique de tous les chefs-d’œuvre si connus que la sidération de leur beauté s’est perdue, Albert Lobo l’a tuée. Et c’est là le paradoxe salvateur de cette copie création. Car, en lui fermant les yeux, tout à coup, la Joconde ressuscite devant les miens. Ce simple battement de cils ne prouve-t-il pas, en définitive, qu’elle a bougé ? Qu’elle vit ?
Qui a dit que la méduse pétrifiait sa proie d’un seul regard ? Médusée par la disparition soudaine et inexplicable de son regard, la Joconde d’Albert Lobo me paralyse enfin. Nous voilà décillés.
Du plus loin que je me souvienne, la Joconde appartient à mon imaginaire. En vérité, je ne l’avais jamais regardée. Elle était là comme l’air que l’on respire, inodore et invisible. Avec humour et virtuosité, l’artiste a réveillé les pouvoirs ankylosés de la Joconde.
On connaissait la longueur du nez de Cléopâtre et le battement d’ailes du papillon. Il faudra dorénavant compter avec celui des cils de la Joconde car désormais, le visage du monde ne sera plus tout à fait comme avant.

Commentaire par karen avner

Soyons clairs: je suis totalement inculte en la matière… Malgré cela, je me suis laissée entraîner par la démarche d’Albert et par l’histoire de sa belle endormie, qui d’après son sourire doit faire de beaux rêves!
Merci Albert pour cette leçon: le processus de création d’une oeuvre d’art était pour moi jusqu’ici aussi mystérieux que le sourire de ton modèle! Grâce à tes explications, j’en entrevois désormais une infime partie…
Mais il est tard: mes yeux se ferment eux aussi… L’influence de la maîtresse des lieux, sans aucun doute…

Commentaire par Sarah




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