La Joconde aux yeux fermés


La vérité sur Mona Lisa
31 Mai mai, 2009, 10:00
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Qu’y a t-il dans ce tableau que nous ne voyons pas ?

Tout simplement ce que signifie le tableau quand l’auteur l’achève en 1506 et qui est camouflé par sa célébrité. Fondamentalement et contrairement aux apparences, la Joconde n’est pas un portrait. C’est indéniablement son point de départ mais Léonard de Vinci en fait plutôt une sorte de peinture allégorique de l’éphémère : pour faire simple, une métaphore du temps qui passe. Mais le tableau est certainement considéré comme un portrait, parce que, oui, c’est un visage bien particulier.

Mais à l’origine, le tableau est bien la commande d’un portrait ?

Oui, celui de Lisa Gherardini, femme d’un riche négociant en tissus, un certain Francesco di Bartolomeo del Giocondo.
De nos jours, on considère qu’un portrait est ressemblant s’il prend en compte aussi la personnalité du modèle. À l’époque, on attend surtout d’un portrait qu’il représente le statut social d’un individu et pas sa psychologie. On affirme l’identité de celui-ci en écrivant son nom, et si on est doué en y faisant allusion par un objet, un symbole, un jeu d’esprit. Pour Mona Lisa, Léonard de Vinci a écrit littéralement – et génialement – son nom d’épouse sur son visage en la faisant sourire, puisque Giocondo signifie en italien «heureux, serein». On peut, tout au mieux, imaginer que l’artiste se soit inspiré d’un sourire fugace chez son modèle puisque cela servait son propos mais, je le répète, ce n’est que le point de départ.

Si depuis, on croit encore que c’est un portrait, c’est parce qu’on considère que sourire est un trait de caractère. Mais, en fait, c’est parce qu’il n’y a rien de plus personnel que ce sourire-ci – c’est une vraie marque de fabrique – que ce visage-là a une identité.

Autrement dit, puisque son sourire est si personnel, c’est forcement un portrait !?

C’est tout à fait ça. Et c’est ce qui prête à confusion. Une autre raison qui dément la thèse du portrait, c’est qu’à part la Joconde, à l’époque aucun portrait officiel ne représente une femme (du moins respectable) en train de sourire. Comme vous le savez le tableau n’a pas été livré à son commanditaire. J’aime à imaginer Léonard de Vinci le montrant en cours de réalisation au mari qui, dérangé par le sourire, lui demande de le modifier. L’artiste décide de continuer comme il l’entend, sans se soucier de la bienséance et de la ressemblance. Ce qui est une démarche très moderne pour l’époque. Comme il lui a fallu au moins cinq ans pour achever le tableau, il y a fort à parier que la peinture ne ressemble plus depuis longtemps à son sujet de départ.

monas

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Question de ressemblance
30 Mai mai, 2009, 10:00
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Est-ce que votre Joconde peut être considérée comme un faux ?

D’un point de vue juridique, bien que ce soit le même format ( la règlementation impose aux copies une échelle inférieure ou supérieure à 1,5 ème ) ça n’en fait pas pour autant un faux puisque j’ai changé ses yeux. Ce n’est pas un détail qui peut passer inaperçu. De plus, et pour conclure, elle n’est pas peinte à l’huile, ni sur panneau de bois, mais à l’acrylique, et sur carton… Ça devrait suffire pour éviter la confusion, non ?

Malgré tout, votre Joconde est-elle une copie ?

Je reste partagé entre l’artiste et le copiste. Pour être un parfait copiste, il faut se lever de bonne heure. De deux choses l’une ; soit on s’applique à devenir l’individu qui a peint le tableau de référence en utilisant le même savoir-faire mais surtout en comprenant parfaitement ses intentions, un peu comme un comédien façon Actors Studio ; soit on devient “pure objectivité” pour se concentrer seulement sur la technique, sur l’apparence. Dans les deux cas, on annihile sa propre identité…

Ce n’est pas très flatteur pour les copistes professionnels que vous réduisez à des machines.

En fait, j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour les (vrais) copistes parce qu’ils savent sans doute mieux que moi faire la part des choses. En soi, la notion de ressemblance est déjà un problème sans fin — où commence t-elle, où s’arrête t-elle ?— mais avec ce tableau-ci c’est un peu comme faire un portrait à partir de plusieurs modèles ; finalement tout le monde peut jouer au jeu des 7 erreurs, grâce ou à cause des innombrables reproductions, plus différentes les unes que les autres, chacun aura un avis différent.

jocondes

Un vrai cauchemar !

Et encore, je n’ai même pas tenu compte de certains aspects optiques propres au tableau original, invisibles pour les visiteurs du Louvre, compte tenu des conditions d’exposition… D’ailleurs, pour approcher ce fac-similé parfait il faudrait l’association d’une machine et d’un esprit scientifique, presque du clonage… Andy Warhol version Matrix en quelque sorte. Mais je ne suis pas un scientifique, je suis un peintre. Et puis, ce n’était pas mon problème. N’ayant jamais eu ce rapport privilégié avec la Joconde, comme la plupart de ses observateurs, j’ai donc peint un tableau d’après une image. C’est certainement parce que je ne dissocie pas la reproduction de son original que je me trouve en conflit quand je parle de mon rapport au copiste ou à l’artiste.

Vous semblez finalement trouver plus de mérite au copiste qu’à l’artiste.

Dans un sens l’artiste est moins méritant car il n’a qu’à être lui-même. On le considère comme un créateur qui n’a qu’à « se lâcher », qu’il en sorte du talent ou du génie ou… rien. C’était beaucoup plus facile pour Léonard de Vinci de créer la Joconde, après tout, il aurait pu faire tout autre chose. D’un autre coté, c’est aussi très difficile de se lâcher, d’être soi-même, plutôt que de se cacher ou de se prendre pour quelqu’un d’autre, ce qui pourrait être une motivation pour devenir copiste.
La chose reste encore ambigüe pour moi… quoi qu’il en soit j’ai fini par faire un choix parmi toutes les Jocondes qui s’offraient à moi. L’originale m’étant inaccessible, je me suis résolu à peindre la Joconde d’Albert Lobo, et pas celle de Léonard De Vinci. Pour le reste, j’ai juste essayé d’apparaître le moins possible dans ma réinterprétation, que “ma patte” vienne le moins possible s’interposer entre l’image et le regardeur, pour qu’il puisse la voir avec un regard neuf. Comme si le tableau avait été peint à nouveau.

mona lusa closed eyes



Actualité
25 Mai mai, 2009, 10:00
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À ce jour, les cartes postales et posters de « La Joconde aux Yeux fermés » ne sont pas encore disponibles.



L’as-tu vue ? La Joconde !
1 Fév février, 2009, 16:10
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Tel est le titre que crie la presse au lendemain du vol de La Joconde le 21 août 1911. Un titre ironique puisque, avant cette date, le tableau n’intéresse que peu d’initiés. Mona Lisa kidnappée, le Louvre ne désemplit pas. Durant plusieurs semaines, les visiteurs affluent pour voir de le leur propre yeux, le vide laissé par le tableau.
Près d’une centaine d’années après cet évènement, la Joconde reste le tableau le plus visité du monde et probablement le plus reproduit et pourtant, malgré sa célébrité et la modernité des techniques de médiatisation, la question reste d’actualité : qui l’a vu (réellement et bien vu), la Joconde ?

C’est en s’appuyant sur cette interrogation qu’Albert Lobo construit son travail de réflexion et de copie du tableau pour créer la Joconde aux yeux fermés.

Ce site n’est pas une énième vitrine érigée à la gloire de Mona Lisa, n’espérez pas y trouver son historique ou une quelconque analyse picturale. Ce site relate simplement plusieurs entretiens avec Albert Lobo, au travers desquels l’artiste nous expose son point de vue sur la Joconde de Vinci, pourquoi ce tableau n’est pas celui que l’on croit et comment sa version nous permet de la voir sous son vrai visage.

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